Mercredi  17  SEPTEMBRE  2014  
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Foulosophie
  • La mort connaît pas calendrier.
  • Voleur ne va pas dans funérailles de policier.
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  • Seul DIEU sait comment il protège les testicules du nageur.
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LAGO PAULIN (artiste-chanteur)
Celui qui n’est pas avec toi n’est pas ton ennemi

Il fait partie de l’ancienne école du Zouglou, mais malgré le temps qui passe, son talent ne s’est pas altéré. Bien au contraire, il se bonifie comme du vin. Chut, Lago Paulin parle !

Où t’étais-tu caché ces derniers temps ?
Je suis allé d’abord au Mali, ensuite je me suis retrouvé à Tingréla et enfin à cause de ma famille qui était restée à Dabou, j’ai dû terminer mon séjour dans cette ville.

Tu as fait ce tour du monde pourquoi ?
J’ai fait ce parcours parce que ma vie n’était plus en sécurité à Abidjan. Il fallait donc que je me cache un peu. Vous savez, un père de trois petits enfants dont la vie est menacée, s’il ne se cache pas et que sa vie en pâtit, qui va les nourrir ? Je me rappelle qu’à un barrage, j’ai été sommé de descendre avec toute ma famille, y compris les bambins. J’ai donc décidé de mettre ma famille en sécurité et de me chercher.

Mais tu mangeais, dormais bien et showfais là-bas …
Non, je n’étais pas à l’aise ! On dit hors de l’eau, le capitaine n’est plus capitaine. Il y a mes fans restés à Abidjan qui pensaient à moi, il y en a même qui pensaient que j’étais mort puisque j’ai échappé à un lynchage à la Rue Princesse grâce à deux femmes Dioula qui m’ont sorti des griffes de mes agresseurs et m’ont déguisé pour me permettre de m’évader par l’arrière de leur cour.

A ton avis, pourquoi tu ne te sentais pas en sécurité ?
Il y a l’école où on va pour avoir des diplômes et travailler. Il y a également une école de la rue. Et cette école de la rue-là, je l’ai faite. Pour revenir à la raison de mon départ, dans mon quartier à Yopougon Niangon route Azito, à l’époque je me promenais souvent avec les jeunes à qui je donnais même de l’argent pour organiser des tournois et autres manifestations dans le quartier. Mais un soir, à 17 heures, quand je suis arrivé, tout le quartier a commencé à me regarder bizarrement. J’ai donc eu peur. Une fois à la maison, j’ai demandé à ma femme ce qui se passait. Mais elle non plus n’en savait rien. J’ai donc compris qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas. Et j’ai décidé de ramasser mes affaires et de partir avec ma famille. Le même soir, juste après mon départ, trois militaires sont venus chez moi pour demander après moi à mon gardien. Celui-ci leur a dit que je n’habitais plus là. Peut-être que c’est ce jour que les gens avaient décidé de finir avec moi. Tout ça à cause de mon choix politique. Mais vous savez, dans la vie, on peut avoir des opinions et être de bords différents, (…) et ne pas faire de palabres pour ça. Mais à cause de la politique, on a vécu ce qui s’est passé récemment.

Est-ce qu’un artiste doit s’afficher comme tu l’as fait ?
Non, mais vous savez dans la vie il y a des frustrations. Et c’est la frustration qui m’a amené à choisir un leader politique. Il y a de très bons artistes qui ne décollent pas. Mais entre nous, est-ce qu’ils peuvent décoller si on leur ferme toutes les opportunités de décollage ? Par exemple on vous bloque la télé qui d’ailleurs est un canal d’expression de tout citoyen, pendant ce temps d’autres artistes sont des privilégiés. Encore, pour une même cérémonie à laquelle vous êtes conviés, on fait voyager certains en 4X4 alors que nous autres, on nous entasse dans un car. Ecoutez, moi je chante depuis 1991 et je suis un artiste qui n’a pas son égal. Où allons- nous ? Et c’est comme ça qu’on choisit.

Tu penses que c’est seulement à cause de la télé que tu ne décolles pas ?
Non ce n’est pas seulement ça. Il y a bien sûr d’autres aspects. Par exemple, je devais organiser mon concert au Palais de la Culture. J’ai donc parcouru des structures dont des sociétés de téléphonie mobile pour le sponsoring où on m’a simplement répondu que le dossier Lago Paulin reste à discuter et que l’ordre vient d’en haut. Même sur des chaînes de radio qui avaient contribué à faire la promotion de mon dernier album, on me fait savoir qu’il y a une liste d’artistes dont on ne doit plus jouer les titres. On bloque tout et on dit que Lago Paulin n’a pas la chance. J’ai la chance car d’ailleurs, mon dernier disque est meilleure vente. Parlant de chance, Dieu en donne à tout le monde, sinon il ne nous aurait pas fait naître.

Si tu es meilleure vente, dis-nous combien de CD tu as vendus ?

Ma maison de disque étant fermée et mon directeur de publication Dr Emou étant en prison, je ne peux pas l’évaluer. Mais j’espère que quand l’administration va se mettre en place, je vais y procéder. Je suis meilleure vente parce que je suis meilleur artiste de variété dans les "Haut de gamme" pour l’édition 2010 devant par mal d’artistes que tu connais. Ce n’est pas un amusement ! Là aussi, l’ordre aurait pu être donné pour qu’on ne te fasse pas Haut de gamme… Nooon !!! Dans les "Haut de gamme", on connaît les critères et quand on a été nominé dans une catégorie, si tu n’attribues pas le titre au meilleur, les gens sauront que tu as fait combine. Tu sais, on peut échapper à la justice des Hommes, mais pas à la justice de Dieu. Tout le monde sait que le titre "On est fatigué" cartonne et le public observe, donc même si tu veux refuser de me donner la reconnaissance, ce public va t’y obliger. En plus, c’était en direct de la télévision, donc on n’y peut rien.

Entre nous, est-ce que tu auras encore le courage de chanter des titres comme "On est fatigué" ?
C’est ce que j’ai toujours fait. J’ai chanté "Abidjan est kanké" en 96. Je suis toujours poursuivi hein ! C’est pour te dire qu’à chaque moment, je frappe hein ! Dans mon prochain album "Bôri man ban" qui veut dire «la course n’est pas encore terminée», je dirai la vérité si ça ne va pas. Il faut désarmer les cœurs et aller à la réconciliation. Quand tu n’as pas de respect pour un être humain, tu n’as pas la crainte de Dieu. On peut ne par avoir les mêmes opinions, mais ça roule. Celui qui n’est pas avec toi n’est pas ton ennemi. Je vais développer toutes ces valeurs dans cet album.

Tu chantes depuis 20 ans et tu continues de vivre à Yopougon. Tu es resté tchass ou bien ?
Non, ce n’est pas parce que je suis tchass ! (Rires) Je ne gère pas mal mon argent non plus. Vous savez, un artiste comme moi doit vivre dans les quartiers de ce genre pour ne pas manquer d’inspiration. On ne peut pas vivre à Cocody pour avoir une inspiration de "On est fatigué" !

Alpha par exemple vit à Cocody, mais il a l’inspiration nécessaire …
Alpha Blondy vit à Cocody c’est vrai, mais il fréquente les quartiers précaires, il est dans le peuple. Je peux vivre à la Riviera, mais je me sens mieux ici parce qu’ici il y a le peuple. C’est ici qu’on achète nos cassettes. Même si je deviens milliardaire, je vais continuer d’habiter dans les quartiers précaires. Parce que c’est là-bar que les gens peuvent t’expliquer leurs problèmes.

On sort d’une crise, un message aux populations.

Moi, j’adhère à la paix. Ça ne sert à rien d’avoir la haine envers son prochain. On ne peut pas avoir les mêmes opinions, mais il faut qu’on s’accepte et qu’on se respecte les uns les autres. Car on est tous des Hommes. Désarmons nos cœurs, partons à la réconciliation et pensons à l’avenir.

Tes projets à court, moyen et long terme ?
Mon projet à court terme, c’est la tournée "Réconciliation nationale, vivre ensemble" dont le lancement a eu lieu en juin dernier à Yopougon et que je compte poursuivre. Ensuite, je ferai le tour des autres communes d’Abidjan, des villes de l’intérieur du pays. J’aurai bientôt une maison de disque, de production et de communication.

Tu vas avoir cet argent-là où ?
On ne s’est pas battu pour rien ! Ça vient. (Rires)

UNE ANECDOTE
Quand tu vas à la chasse avec ton chien et arrivé à un moment, le chien te laisse et prend la fuite vers le village, c’est qu’il a vu un porc-épic. Parce que cet animal, quand il se sent en danger, il se concentre pour lancer ses propres épines. En conclusion, dans la vie, quand tu vois quelqu’un qui est plus fort que toi, il ne faut pas trop résister. Il faut lui demander pardon, lui donner tous ses attributs et être avec lui. Sinon si tu résistes et qu’il se gonfle comme le porc-épic, tu vas faire comme le chien.

Interview réalisée par J.M. Tonga le 05-10-2012 08:45:35 | Vue 2814 fois | Commentaires (0)
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