Samedi  1  NOVEMBRE  2014  
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Foulosophie
  • Le con ne perd jamais son temps. Il perd toujours celui des autres.
  • Celui qui pisse contre le vent pisse sur sa chaussure.
  • C'est vrai que le piment brûle, mais asticot vit dedans.
  • Celui qui a chié oublie vite, mais celui qui a ramassé n'oublie jamais.
  • L'homme qui a peur n'a jamais peur de la peur.
  • Si tout le monde vous donne raison, c'est que vous êtes d'une intelligence remarquable...ou bien vous êtes le patron.
  • On est toujours la dernière personne à savoir qu'on a été trahi.
  • L'amour est douloureux parce qu'on tombe amoureux or tomber fait toujours mal.
  • La politique, c'est comme les singes. Plus tu montes, plus tu montres ton derrière.
  • Après trente ans passés à étudier la psychologie féminine, je n'ai toujours pas trouvé la réponse à la question: que veut-elle au juste?
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JIM KAMSON (Artiste chanteur)
Je suis un artiste qui n’aime pas se faire voir

Vers la fin des années 80, la Côte d’Ivoire découvre un nouveau faiseur de reggae qui a su s’imposer avec son style chanté dans sa langue : Koulango et Dioula. Aujourd’hui encore, Kamagaté Yssouf (son nom à l’Etat-civil) poursuit son chemin dans la musique. Récemment, suite à la crise post-électorale, il a été fait Commissaire de police. Par qui ? Lui-même n’en sait rien. Il nous en parle dans cette INTER … VIOU.

Comment ça va commissaire ?
(Rires) Je ne peux jamais devenir Commissaire de Police. Elançant cette fausse information, quelqu’un qui croyait me faire du mal, a fait ma promo sans s’en rendre compte. Et pour cela, plusieurs journalistes sont déjà passés me voir et en plus, j’ai eu un billet d’avion pour une invitation à moi adressée par une chaîne de télé camerounaise pour aller en parler. Celui qui a lancé cette fausse rumeur aurait dû dire que je suis devenu directeur de la Banque Mondiale, de la BICICI ou de la BIAO…
Au départ, ça me faisait mal, mais ça ne me fait plus mal car tout ce que Dieu fait est bon. S’il n’a pas dit que je suis pédé ou voleur, tant mieux ! Ne devient pas Commissaire qui veut hein ! Vous savez, en 2000, je suis venu des Etats-Unis spécialement pour voter le Président Gbagbo parce que j’étais fatigué des militaires qui emmerdaient les populations sous feu le Général Guéï. Mais à la fin, on a connu 10 ans de galère. Beaucoup de mes parents sont morts. Pourtant, étant artiste, j’ai chanté des thèmes comme la réconciliation mais les politiciens n’ont pas écouté. Alors que quand il y a des palabres entre ces politiciens, c’est nous qui mourons. Pendant ces événements, j’ai perdu mon petit frère Kamagaté Alliadji Ali. On m’a aussi volé ma voiture dans laquelle se trouvaient les passeports de mes enfants, la somme de 730 000 F à Yopougon. Tous les Ivoiriens vont avoir l’étiquette de ce qui vient de se passer dans notre pays collée sur eux parce que c’est entré dans l’histoire. Vous savez, la mère de mon premier enfant est Bété, la deuxième, Agni, la troisième, Baoulé et ma dernière fille a une mère est Guéré. Si tu me donnes une arme, c’est sur qui je vais tirer ? On est tous fautifs parce que les Hommes de Dieu de ce pays, les journalistes, les gouvernants, les artistes ne disent pas la vérité. Je vois des artistes prendre position et c’est anormal !
Si je prends position, qui va payer mes CD ? La politique nous a rendus dingues. Si tu dois supporter un politicien, fais-le avec ton coeur et Dieu comme témoin. Il faut qu’on se réveille ! Moi, mon parti c’est le peuple. Je n’ai pas de position. C’est peut-être parce que les gens m’ont vu empêcher les gens de détruire les magasins de mes voisins Libanais et emporter leurs véhicules pendant près d’une semaine avec mon titre d’artiste malgré les menaces à la Kalach qu’ils racontent n’importe quoi. La preuve, ce jour-là, j’étais habillé en boubou et tapettes. Concernant le commissariat qui a été cambriolé dans mon quartier, j’ai tenté en vain de convaincre les jeunes qui l’ont fait parce que le commissaire en question m’a vu grandir à Adjamé Chicane. Je suis même tombé malade après et c’est chez moi à la maison que des spécialistes venaient me faire des perfusions. Que les gens arrêtent de mentir.

Alors, qu’est ce que tu deviens ?
Je suis un artiste qui n’aime pas se faire voir. Mais par rapport aux dires des gens, il va falloir que je me fasse voir désormais. Parce que quand tu ne fais pas la politique, la politique te fait. C’est maintenant que je comprends le sens de cette phrase. Mes autres occupations sont mes affaires. C’est-à-dire ma douzaine de taxis. Toutefois, ma profession avant la musique, c’est la mécanique. Donc ça, je ne m’amuse pas avec.

Est ce que tu as au moins un garage ?
Je suis associé à mon frère Ouattara Amoro avec qui j’ai un garage à Koumassi Remblais (Abidjan, ndlr). On ne peut pas tout faire à la fois, donc eux ils sont au garage et moi, je suis mes autres affaires.

Entre nous, si on te donne une voiture en panne aujourd’hui, est ce que tu es capable de la réparer ?
Bien sûr ! C’est un métier que j’ai appris et je l’ai dans la mémoire comme un ordinateur. Si par exemple, un jour le président Ouattara dit qu’il ne veut plus voir des artistes chanteurs, je retourne dans mon garage. Pour preuve, la dernière fois où j’ai dépanné une voiture, c’était celle de ma sœur qui, revenant du boulot, est passée me voir. Après la visite, sa voiture refusait de démarrer. J’ai contrôlé et j’ai retrouvé la panne que j’ai réparée rapidement. Elle n’en revenait pas, mais je lui ai simplement dit que je ne pourrai jamais oublier mon métier de base.

On dit que tu es vendeur de voitures aussi…
Oui, parfois je revends des voitures. Tu sais, j’aime maquiller mes voitures, donc parfois ça intéresse des gens et je les leur vends pour en acheter d’autres. Ça me fait gagner des bénéfices intéressants. Je suis un enfant de pauvres, donc je cherche partout hein !

C’est pour ça que tu as arrêté de chanter ?
Je ne peux pas arrêter la musique ! Mais tu sais qu’en Côte d’Ivoire, la musique ne nourrit pas son homme… nous on produit et les étudiants piratent nos albums pour les revendre. Je vais te raconter une histoire : un jour, je suis allé au Campus et j’ai retrouvé un Best-of Jim Kamson et sur la jaquette, il y avait une photo que je ne me rappelle jamais avoir prise de ma vie. Depuis que je chante, je n’ai jamais sorti de Best-of. Ça m’avait vraiment cassé ! Maintenant qu’il y a un nouveau pouvoir, j’espère qu’ils vont avoir pitié de nous pour qu’on puisse désormais vivre de nos oeuvres. Vous savez qu’il y en a parmi nous qui meurent à cause de 10 000 F. C’est tout ça qui fait que j’ai stoppé un peu pour pouvoir mieux sauter. Toutefois, je prévois ma prochaine sortie dans trois ou quatre mois. C’est un album de 17 titres qui s’appelle "Revolution time".

Tu parles on dirait que tu es fort, alors que ce sont les gens qui écrivent les textes que tu chantes…
(Rires) Même si je ne suis pas allé à l’école… Quand même ! (Il s’énerve) Celui qui dit ça n’a qu’à venir dire ça devant mo. Même si on écrit une chanson pour moi, je ne pourrai pas chanter parce que je ne suis pas allé à l’école. Retiens que toutes ces compositions que tu entends en ville viennent de moi-même ! OK ? C’est moi qui les ai accouchées !

C’est donc pour ça que tu chantes en langue là…
Bien sûr ! Mais je chante beaucoup en Anglais aussi. Dis-moi, sans le Français, c’est Koulango tu vas aller parler en ville ? (je suis moi-même Koulango oh, ndlr) Je fréquente beaucoup de gens qui parlent bien le Français, c’est ce qui fait que je ne me débrouille pas mal. Quand je suis avec toi par exemple et que tu utilises un mot en Français, je l’enregistre et du coup je sais comment on le prononce et comment l’employer. C’est comme ça que je vis ma vie. Je suis un grand tricheur ! Pour l’Anglais, je ne suis pas allé à l’école pour l’apprendre non plus ! C’est dans les rues de New York, Washington DC, Philadelphie, Atlanta… que je l’ai appris. Parce que là-bas, on ne parle pas Koulango, Dioula ou Français. "Everybody speaks English, you know ? I try myself to speak English. That’s right !"

A propos des Etats-Unis, tu es allé faire quoi là-bas ?
La première fois, c’était 1994, pour des spectacles. Une fois les spectacles finis, en tant que petit chercheur, quand je suis revenu au pays j’ai décidé d’y retourner. Une fois là-bas, j’ai commencé à “djossi” dans un restaurant pour pouvoir m’en sortir un peu. J’y ai passé sept ans au cours desquels je faisais des allers et retours. Après ce séjour, je suis revenu avec les taxis dont je parlais plus haut. Actuellement, j’ai un visa de dix ans qui me permet d’y aller quand et comme je veux, mais je préfère être ici car, il faut construire le pays. Et avec les taxis que j’ai, j’offre des emplois à mes frères.

Tu dois aimer “djossi” hein ! Il paraît que quand c’est chaud, tu fuis pour aller faire ça ?
Au départ, j’ai travaillé dans un Mac-Do en tant que plongeur, mais il m’arrivait aussi d’entretenir les toilettes, la cuisine, les cuves à farine. Après, j’avais trois boulots comme ça par jour. J’ai travaillé aussi au port où j’emballais des "broads" (friperie) qui venaient en Afrique. Souvent, il y a de gros camions de cannettes qu’on déchargeait. Je gagnais pour moi hein ! Pour la petite histoire, un jour alors que je déchargeais des cannettes, il y a des filles du président Fologo qui passaient et une a demandé à sa sœur : "Ce n’est pas notre artiste-là qui est là-bas ?" Je me suis retourné et j’ai répondu : "Oui, c’est moi Jim Kamson ! Qui me cherche ?" Moi, je n’ai pas honte de ça hein ! Qui cherche trouve.

Chacun de tes enfants a sa mère, tu disais plus haut… Tu dois être un dangereux “tombeur”…
Ce n’est pas une histoire d’être dangereux, c’est une histoire d’être joli garçon et puis, c’est ma poche qui parle ! Ça ne veut pas dire que j’achète les femmes, mais c’est parce que je m’occupe bien d’elles. Si tu es avec femme et que tu n’arrives pas à la nourrir, mais elle va te tuer ! Djo, tu es un garçon comme moi hein ! Moi, j’assure ça. C’est pour ça qu’on grouille pour ces femmes-là !

Si tu t’occupes bien de la femme, comme tu dis… Pourquoi tu n’es pas resté avec la première ?
J’ai eu ma première fille quand j’avais 17 ans et je n’avais rien. Ensuite, dans ma galère où je dormais au marché de Treichville, j’ai eu mon deuxième enfant. Les parents de la fille ne pouvant pas accepter que leur enfant soit avec un vagabond, l’ont donnée en mariage à quelqu’un d’autre. Au moment où je brillais avec "Yédiago", j’étais avec une autre chérie qui a tapé dans mon dos alors que j’étais allé en spectacle à Paris. On s’est donc séparés. Après, j’ai rencontré une fille Odiénnéka que j’ai même envoyée avec moi aux Etats-Unis. Malheureusement, ses parents l’ont plus tard donnée en mariage à un autre. Après cette aventure, je suis allé en spectacle au Canada où j’ai fait la connaissance de feue Pauline, ex-danseuse d’Aïcha Koné que j’ai dotée par la suite. On a même eu une fille, mais malheureusement, elle est décédée d’une courte maladie. En ce moment, je suis avec une femme Guéré qui se prénomme Francisca Flaure. Mes parents m’ont aussi donné une autre, Kamagaté Kougoura. Donc à l’heure-là, j’ai deux femmes. Je suis un garçon pile. Moi, je suis musulman, donc je peux en prendre deux encore pour faire quatre, mais pour le moment, je suis calé là. Peut-être que quand ça va aller où on va te dire : "voici les immeubles de Jim Kamson", là voilààà !!!

On sort d’une crise, un message à l’endroit des Ivoiriens !

J’entends dire partout "réconciliation". Mais, il va falloir qu’on se réconcilie véritablement. C’est-à-dire, se réconcilier avec soi-même d’abord avant de se réconcilier avec son prochain. C’est vrai qu’il y en a qui en ont gros sur le cœur, mais il faut que chacun mette de l’eau dans son vin. Chacun de nous a perdu parents, biens matériels … si tout le monde veut garder cela sur le cœur, on n’avancera pas. Allons la main dans la main pour pouvoir construire ce pays pour nous-mêmes et nos enfants. One love and peace !

Une “gbicherie”…
Il faut que les gens arrêtent de mentir. C’est ce qui a envoyé tout ces événements qu’on a vécus récemment. Dans la vie, si tu es boulanger, c’est parce tu sais fabriquer du pain. Quand tu fais du chawarma, c’est ton métier. Il faut que les gens arrêtent de coller à un artiste le titre de commandant, policier, commissaire… Ils n’ont qu’à arrêter de raconter des bla bla. Il y a un pasteur qui est allé raconter dans ma belle-famille à la Sicogi qu’il m’a vu au 9ème arrondissement de Marcory et qu’il m’a même fait un "gbô". Apprenons à dire la vérité. Laissons la politique aux politiciens.

Une anecdote…
Un jour, j’ai reçu la visite de mes cousines qui venaient d’Adjamé. Elles m’ont dit qu’elles sont fatiguées et qu’elles voulaient manger du “garba”. J’ai donc remis 1000 F à mon fils pour la course. Alors qu’elles mangeaient, je suis sorti causer avec quelqu’un. Quelques instants plus tard, il y en a une qui est venue me voir pour me dire qu’elle veut prendre une douche. Je n’ai pas trouvé cela gênant puisque chez moi c’est chez elle. Après sa douche, au lieu de me demander un déodorant, elle a elle-même fait son choix parmi les nombreux tubes que j’avais disposés dans la douche. Malheureusement, c’était un Dolvirant. En plus, elle en a pompé assez dans ses aisselles et en bas. Quand je suis revenu dans la maison, je l’ai trouvée bras en l’air, jambes écartées comme un oiseau. Dès qu’elle m’a vu, elle a couru sous la douche. C’est là qu’elle a tout gâté, car l’eau a augmenté la douleur causée par le produit. Elle s’est donc mise à crier et en est ressortie nue. J’étais obligé de fermer la porte pour trouver une solution à son problème.

Interview réalisée par J.M. Tonga le 17-08-2012 16:18:44 | Vue 2848 fois | Commentaires (0)
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