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Foulosophie
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+ de Foulosophie
OWELL BROWN, REALISATEUR DE CINEMA : MALGRE NOS MAIGRES MOYENS, ON PEUT FAIRE DES FILMS DE QUALITE

Depuis dix ans environ, notre pays n’a plus eu de distinction aussi honorable dans les festivals de cinéma ailleurs. Mais à peine revenu sur les bords de la lagune Ebrié qu’Owell Albert Essoh alias Owell Brown fait flotter de nouveau le drapeau ivoirien dans les cieux du cinéma d’Afrique avec son second long-métrage "Le mec idéal ". C’est une comédie romantique. D’abord Yennega de Bronze au Fespaco, ensuite plusieurs autres lauriers. Il nous parlé…

Avec ce nom que tu portes, on te prend pour un Américain ou un Anglais. Tu viens d’où exactement ?
J’ai appris mon métier en France et mes inspirations sont très américaines. Je signerai mes prochaines productions de mon nom Owell Brown Essoh.

Donc tu manges attiéké sans boire de l’eau !
Je ne peux pas. J’ai un petit estomac, donc quand je mets deux boules d’attiéké dedans, j’ai soif (rires).

Quel est ton parcours ?
C’est en classe de Terminale que j’ai été attiré par le cinéma, donc j’ai tout lâché. En fait au départ, j’avais eu envie d’être comédien. J’ai fait pas mal de castings pour participer à des tournages, mais à un moment, je me suis rendu compte que le cinéma français n’était pas encore prêt pour mettre en avant les comédiens noirs. J’ai donc décidé de passer derrière la caméra pour parler de l’histoire des Afro-Français vivant en France. C’est à partir de là que j’ai commencé à apprendre le métier sur le tas. J’ai fait des formations d’écriture de scénarii, de mise en scène etc. mais je ne suis pas allé à l’école de cinéma comme Louis Lumière… J’ai donc commencé à écrire mes scénarii. J’ai d’abord produit "Embrouilles de cités", mon premier court-métrage qui parle des problèmes de banlieue. Je l'ai tourné à Epinay-Sur-Seine où je vivais. La chance que j’avais, c’est qu’à Epinay-Sur-Seine se trouvent les studios et laboratoires éclairs qui sont les plus grands laboratoires de cinéma. Ensuite "Lunettes noires", qui traite du racisme. Puis, j’ai créé mon site internet qui s’appelle Afrociné pour regrouper tous les comédiens noirs. Après ça, j’ai décidé de faire mon premier long-métrage qui s’intitule "No way". On va dire que c’est le premier film 100% Black tourné en France. Il n’est toujours pas sorti parce que les gens ne sont pas prêts. Mais bon, le film existe et est toujours d’actualité.

Comment quelqu’un qui n’a pas fait d’école de réalisation peut-il prétendre être réalisateur ?
Pour avoir officiellement sa carte professionnelle de réalisateur, il faut avoir fait au moins deux ou trois courts-métrages ou un long-métrage. Sinon, n’importe qui peut se lever et dire qu’il est réalisateur s’il a enregistré officiellement quelques éléments. Aujourd’hui, même en Côte d’Ivoire chacun se lève pourvu qu’il ait une caméra à l’épaule pour dire qu’il est réalisateur. Officiellement, il faut passer les étapes techniques et professionnelles. C’est comme être acteur, tout le monde peut se lever et l’être sauf qu'être comédien nécessite selon moi une bonne formation théâtrale.

As-tu déjà été acteur ?
J’ai voulu l’être, mais j’ai juste fait de la figuration. Essentiellement des figurations de l’Africain qu’on a rapatrié, du danseur noir et plein de trucs liés au stéréotype de l’Africain (longs rires). Celle dont je me souviens et dans laquelle j’ai eu un bon rôle, c'était dans "Le nouveau monde" d’Alain Corneau, dans lequel j’étais un GI’s américain.

Quand on sait que réaliser un film coûte les yeux de la tête, d’où tu trouves l’argent pour faire tes films ?
(Longs rires) Le blé ! Pour mon dernier film par exemple, j’ai cherché des partenaires et sponsors. Stratégiquement, j’ai réussi à en avoir. Sinon, pour le premier long-métrage, j’ai eu le soutien des techniciens. Il faut noter que là-bas, les techniciens sont des passionnés, quand ils arrivent sur un projet ce n’est pas que pour le blé. Pareil pour les comédiens puisque c’était le premier film 100% Black, quand je les ai appelés, ils ont tous répondu. On a travaillé comme en association. Il n’aime pas que je le dise, mais Lilian Thuram a permis que je termine ce film.

Aujourd’hui toute cette galère est derrière toi !
Je suis satisfait de ce film ! j’arrive à me retrouver dans de grandes compétitions internationales. Ce qui veut dire que malgré nos maigres moyens, on peut faire des films de qualité. J’ai eu le Yennenga de Bronze au Fespaco, c’est très rare qu’une comédie atteigne ce sommet-là. Je n’en connais pas d’ailleurs. On a eu aussi le prix du Meilleur long-métrage au Burundi qui n’est pas un petit festival parce qu’il y avait de gros calibres. Il y a deux jours (nous avons réalisé l’interview le mercredi 27 juillet 2011), ce film a raflé deux prix: le prix de la Meilleure comédienne pour Emma Lohoues et le prix du Meilleur comédien pour Mike Danon. C’est la totale !

Il n’y a même plus de salles ici et toi tu passes ton temps à enregistrer des films !
Je crois qu’il faut redonner aux gens l’envie d'aller au cinéma. Moi, quand je partais d’ici il y avait encore quelques salles. C’est certainement les événements que nous avons vécus ces dernières années qui ont provoqué tout ça. Et puis, il faut mettre en place un système de financement du cinéma. J’espère donner envie aux gens d’aller au cinéma et aux autorités de mettre en place un système de financement pour que les gens tournent des films. On doit être capable de présenter un ou deux longs-métrages par an dans différents festivals pour représenter la Côte d’Ivoire.

Il se raconte que vous les réalisateurs, vous passez les actrices au droit de cuissage avant de les retenir
…En réalité, quand un réalisateur choisit un comédien ou une comédienne, il faut qu’il ait une attirance pour cette personne-là. Mais c’est une attirance platonique ! Même s’il faut que la personne soit laide, il faut qu’il aime cette laideur. Si elle est belle, il faut qu’il aime sa beauté pour pouvoir bien la filmer. Et parfois, cette attirance devient réelle physiquement. Mais ça, ça dépend des réalisateurs. Mais on n’est pas à l’abri d’une attirance.

Hors du cinéma qui es-tu ?
Je suis quelqu’un de très réservé, celui qu’on pourrait traiter de casanier. J’ai du mal avec la foule. C’est même très rare que je fasse des interviews comme ça. Il m’arrive parfois d’aller m’asseoir dans un maquis "glôglô" ou monter dans un bus, un wôrô-wôrô pour m’imprégner des réalités. Ça fait mon inspiration. Je ne suis pas bon client de bar ou de boite de nuit.

Toi qui es tout le temps parti, as-tu le temps de fonder une famille ?
(Rires aux éclats) Waouhou !!! Je bouge beaucoup effectivement et ma première femme, c’est mon boulot. Moi, je me verrais bien avec une Ivoirienne. Sinon, en vérité, j’ai quelqu’un dans ma vie. Pour les enfants, ça ne va pas tarder.

Une gbicherie
Le cinéma, c’est la culture. Et un pays a besoin de cinéma pour avancer. Non seulement, ça lui permet d’avoir une visibilité à l’extérieur, mais aussi de développer son tourisme. Le cinéma étant une industrie, permet de gagner beaucoup d’argent, de conquérir les populations… Sans culture, les jeunes sont livrés à eux-mêmes.

Quelle place l’humour occupe- t-il dans ta vie ?
Je suis un déconneur. Je rigole beaucoup.

Raconte nous une blague ou une anecdote
C’était sur le tournage de "No way" avec Passy qui tenait le rôle principal. C’était une séquence de sexe dans une chambre. Il n’y avait que les deux comédiens, le chef opérateur et moi. Passy et la comédienne étaient tout nus avec un petit cache sur leur sexe. Elle s’est couchée et Passy est monté sur elle, entre temps je promenais lentement ma caméra pour filmer les gémissements, embrassades et autres. Après, quand on a coupé, Passy m’a pris de côté et m’a dit : "Owell, je bande. Comment on fait ?"

Interview réalisée par Blhiri Serge Alex (blehirisa@gbich.com) / J.M. Tonga (kusst08@yahoo.fr) le 03-03-2014 18:59:08 | Vue 7033 fois | Commentaires (0)
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